rosenzweig:c:tempo-48a52
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| + | ====== TEMPO (CAHIERS: | ||
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| + | [...] Os eventos não acontecem no tempo, mas o próprio tempo é o evento. A sucessão dos três livros no primeiro volume foi completamente fortuita; qualquer uma das outras quatro possibilidades teria sido igualmente aceitável. A essência não quer ter nada a ver com o tempo. Mas no segundo volume, a sucessão não só é importante, como também é o que há de mais importante nessa parte da obra. Enquanto o pensamento tradicional colocava o problema de saber se Deus é transcendente ou imanente, o novo pensamento se esforça para determinar como e quando Deus deixa de ser distante para ser próximo e, inversamente, | ||
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| + | <tabbox Launay> | ||
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| + | Que signifie donc raconter ? Celui qui raconte ne cherche pas à dire comment les choses se sont « véritablement » passées, mais cherche à rapporter ce qui est réellement arrivé. Même si le grand historien allemand | ||
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| + | En effet, le temps devient pour lui tout à fait réel. Ce n’est pas dans le temps qu’arrivent les événements, | ||
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| + | Pourquoi si lointaine la vérité, | ||
| + | Enfouie et cachée au fond d’un abîme ? | ||
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| + | Personne ne comprend au bon moment ! | ||
| + | Et si l’on comprenait au bon moment : | ||
| + | Proche serait alors la vérité, | ||
| + | Deviendrait alors douce et agréable. | ||
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| + | La pensée nouvelle, comme le plus archaïque sens commun, sait fort bien qu’elle ne peut rien connaître si elle s’émancipe de la tutelle du temps — ce que néanmoins la philosophie avait jusqu’ici considéré comme son plus haut titre de gloire. De même qu’on ne peut entreprendre une conversation en tournant le dos à son interlocuteur, | ||
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| + | Les moments de la réalité ne peuvent pas, eux, être confondus. Comme la réalité dans son ensemble, chaque événement singulier a son présent, son passé et son avenir sans lesquels il ne pourrait être connu ou ne le serait que défiguré. La réalité elle aussi a un passé, un avenir — un passé perpétuel et un avenir éternel. Connaître Dieu, le monde et l’homme, signifie connaître leurs actions au cours de ces moments de la réalité ou connaître ce qui leur arrive, leurs actions l’un sur l’autre, ce qui arrive à l’un à cause de l’autre. On présuppose ici que leur « être » est distinct, sans quoi ils ne pourraient nullement agir l’un sur l’autre ; si l’autre était « fondamentalement » identique à moi, comme le veut Schopenhauer, | ||
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| + | Ce grand poème du monde sera raconté en utilisant trois temps. Il ne sera d’ailleurs relaté au sens propre que dans le premier livre, le livre du passé. Au présent, le récit cède le pas à une alternance immédiate dans le discours, car on ne peut parler à la troisième personne de gens présents, qu’il s’agisse des hommes ou de Dieu ; on ne peut que les écouter ou leur adresser la parole. Dans le livre de l’avenir, c’est la voix du chœur qui domine, car l’avenir embrasse aussi l’individu mais seulement lorsqu’il peut dire nous. | ||
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